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La vaccination des chiens

Mis à jour en juin 2018

 

Les maladies visées en France

En France, les chiens sont généralement vaccinés de manière systématique pour quatre maladies : la maladie de Carré, l'hépatite de Rubarth, la parvovirose et la leptospirose (CHPL), vaccins parfois associés à la valence Parainfluenza (Pi).

Selon la race et les lieux de séjour de l’animal, la vaccination antirabique peut être obligatoire.

De manière plus occasionnelle, selon le contexte épidémiologique de l’animal, peuvent être proposées les vaccinations pour la toux de chenil, la piroplasmose (ou babésiose), la maladie de Lyme, et l’herpesvirose.

Pour les chiens vivants à Nantes et sa région, nous vous conseillons au sein du cabinet Saint Clément de vacciner pour les valences C, H, P, L, et éventuellment pour la toux de chenil (avec un vaccin spécifique).

 

La maladie de Carré

La maladie de Carré est un vice redhibitoire : si la maladie est diagnostiquée dans les jours qui suivent la vente de l'animal (avec des délais précis à respecter), la vente sera alors annulée.

La maladie de Carré est extrêmement contagieuse, se transmettant d’un chien à un autre par contact direct (contact nez à nez) et par contact avec les sécrétions, en particulier les aérosols, d’un animal contaminé. Elle peut toucher les chiens de tout âge.

Après une contamination du tractus respiratoire, le virus est disséminé par le biais des cellules immunitaires infectées à l’ensemble des épithéliums (parois digestive et respiratoire…) ainsi qu’au système nerveux.

Après une incubation de quelques jours, la maladie peut se déclencher. Les symptômes observés sont alors variables : symptômes généraux (état fébrile, anorexie), digestifs (diarrhée, vomissements), respiratoires (rhinite, pneumonie), oculaires, nerveux.

En l’absence de réponse immunitaire adaptée, l’issue est généralement fatale du fait de l’absence de traitement spécifique. D’où l’importance d’une vaccination précoce et régulière pour cette maladie.

 

L’hépatite de Rubarth

La maladie est provoquée par l’adénovirus canin de type 1, virus pouvant résister plusieurs mois dans le milieu extérieur. Ainsi la contamination, qui s’effectue par voie oro-nasale (nez et bouche) peut avoir lieu de manière indirecte via l’environnement infecté par des urines ou des matières fécales d’animaux malades, sans qu’il y aitnécessairement contact direct avec un animal contaminé.

Le virus se dissémine alors dans tout l’organisme, en particulier au niveau du foie ce qui peut être à l’origine d’une hépatite.

L’incubation est de durée variable, de quelques heures (cas de mortalités suraiguës) à quelques jours. On peut alors observer une atteinte de l’état général avec une hyerthermie, des vomissements, de la diarrhée, une douleur abdominale importante, des hémorragies, et des éventuels signes nerveux. Une évolution chronique est aussi possible (hépatite chronique et insuffisance rénale) ainsi qu’une forme atténuée (coloration bleutée de la cornée).

En l’absence de traitement spécifique, seule la vaccination est efficace pour protéger les chiots et les chiens.

 

La parvorvirose canine

La parvovirose est un vice redhibitoire : si la maladie est diagnostiquée dans les jours qui suivent la vente de l'animal (avec des délais précis à respecter), la vente sera alors annulée.

Du fait d’une grande résistance du virus responsable de la parvovirose dans le milieu extérieur, la contamination peut avoir lieu de manière directe ou indirecte, par voie oro-nasale, à partir de matières fécales contaminées. Il est important de noter que suite à une guérison clinique, un chien atteint de parvovirose peut continuer à excréter le virus (et donc être contagieux pour d’autres animaux) pendant 1 à 2 semaines.

Après contamination, le virus colonise l’ensemble des tissus et en particulier les cellules en mitose active (division cellulaire) : tissu cardiaque du nouveau-né, moelle osseuse, cellules du tube digestif.

Après en moyenne 4 jours d’incubation, les symptômes suivants peuvent apparaître : syndrome fébrile, vomissements, diarrhée liquides en quantité très importante, hémorragiques (souvent noirâtre avec une odeur extrêmement désagréable). En l’absence de soins, l’animal est rapidement déshydraté, et la mort peut survenir.

Le traitement de cette maladie étant uniquement symptomatique (pas de traitement spécifique existant), le meilleur moyen de prévention est la vaccination.

 

La leptospirose

La leptospirose (causée par une bactérie du genre Leptospira) est une maladie présente dans le monde entier qui peut toucher les animaux domestiques mais aussi l’Homme (zoonose) : sa gestion présente donc des enjeux sanitaires.

La contamination d’un animal ou de l’Homme a lieu par contact direct de la peau lésée ou des muqueuses avec des urines contaminées, ou par contact indirect via des eaux et des sols humides souillés par de telles urines, la résistance de la bactérie dans ces eaux et sols humides pouvant être de plusieurs mois.

Certains animaux comme le chien peuvent alors développer une maladie grave. D’autres animaux, moins sensibles, jouent un rôle de réservoir, sans développer de maladie. C’est en particulier le cas des rongeurs (rats, campagnols, ragondins...).

Chez le chien, la maladie peut revêtir diverses formes cliniques, souvent graves ; les formes aiguës les plus courantes sont détaillées ci-dessous :

  • forme rénale : insuffisance rénale aiguë accompagnée de signes généraux, digestifs et urinaires;
  • forme hépatique : la forme typique s’exprime par un ictère (jaunisse) et une gastroentérite hémorragique;
  • forme respiratoire : détresse respiratoire aiguë et hémorragies pulmonaires massives.

Lors de suspicion clinique, le traitement spécifique repose sur la mise en place d’une antibiothérapie prolongée, et la mise en œuvre de mesures de soutien non spécifiques (hospitalisation avec perfusion notamment). Le pronostic reste réservé.

En parallèle, du fait du risque de zoonose, des mesures préventives doivent être mises en place dans l’entourage du chien atteint.

A noter que si le chat semble moins sensible à la maladie que le chien, il peut tout à fait être porteur asymptomatique et ainsi présenter un risque pour les chiens et les humains de son entourage.

En France, contrairement à d'autres pays, la vaccination chiens contre la leptospirose est fortement recommandée, a fortiori pour ceux qui présentent un risque de contamination important. A noter que même en ville, le risque d’infection ne peut être écarté. En particulier à Nantes, le risque d'infection est avérée sur les bords de l'Erdre.

Les vaccins actuellement disponibles dans notre pays ne protègent malheureusement que contre 2, 3 ou 4 sérovars (Canicola, Icterohaemorrhagia, +/- Australis et Gryppotyphosea), sur les 250 sérovars pathogènes connus. Ainsi même un chien vacciné peut potentiellement déclencher une leptospirose.

 

Les protocoles de vaccination

Classiquement il était conseillé de vacciner les chiots dès 2 mois, avec 2 injections à un mois d'intervalle, puis de réaliser un rappel annuel toute la vie du chien pour l'ensemble des vaccins.

Récemment, le WSAVA (association vétérinaire mondiale des animaux de compagnie) a publié de nouvelles recommandations à l’attention des vétérinaires et des propriétaires de chien pour assurer une protection efficace des animaux contre les maladies infectieuses tout en réduisant le nombre de vaccins qui leur sont administrés régulièrement.

Le protocole suivant vous sera ainsi proposé au cabinet Saint Clément en accord avec ces recommandations (protocole spécifique pour la vaccination antirabique) :

  • Une vaccination possible dès 6-7 semaines des chiots pour les valences C, H, P (âge à adapter en fonction du risque de contamination de ces derniers, généralement le premier vaccin est réalisé vers 8 semaines), 8 semaines pour la leptospirose (et 12 semaines pour la rage).
  • Des injections de primovaccination répétées toutes les 2 à 4 semaines jusqu'à ce que le chiot ait 16 semaines (4 mois) pour les valences C, H, P, et L : ainsi un chiot vacciné la première fois à 8 semaines devra recevoir au moins 3 injections.
  • Un premier rappel après 6 mois à 1 an (3e injection de primovaccination).

Par la suite les rappels seront adaptés au cas par cas :

  • tous les 2-3 ans pour la maladie de Carré, l'hépatite de Rubarth et la parvovirose (voire plus si un test de la réponse immunitaire a été réalisé et monte que le chien est toujous protégé).
  • tous ans pour la leptospirose, et la toux de chenil si cette dernière vaccination est jugée nécessaire.

 

Contrôle de l'immunité vaccinale

Depuis peu, nous vous proposons par ailleurs de contrôler l'efficacité vaccinale et de vérifier ainsi la nécessité ou non de revacciner votre animal grâce à un test sérologique réaliser au cabinet (VacciCheck). 

Ces tests sont disponibles pour les maladies suivantes :

  • chez le chien : hépatite de Rubarth, parvovirose et maladie de Carré
  • chez le chat : typuhs, herpesvirus et calicivirus.

Ils permettent ainsi d'adapter au mieux le protocole vaccinal à votre animal éfin d'éviter toute survaccination tout en garantissant la protection que vous souhaiter apporter à votre compagnon.

 

 

Références bibliographiques

Lepêtre C., 2009, La vaccination des carnivores domestiques en 2008 [en ligne]. Thèse de doctorat vétérinaire, Créteil, Faculté de médecine de Créteil, 82p. [en ligne]. Disponible sur : http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=906 (consulté le 11/02/2016)

WSAVA Vaccination Guidelines Group, 2015, 2015 vaccination guidelines for the owners end breeders of dogs and cats [en ligne]. Disponible sur : http://www.wsava.org/guidelines/vaccination-guidelines (consulté le 11/02/2016)

Collectif, Dictionnaire des Médicaments Vétérinaires et des produits de Santé animale, Les Editions du Point Vétérinaire [en ligne]. Disponible sur (accès réservé aux inscrits) : http://www.lepointveterinaire.fr/dmv/univers.html (consulté le 11/02/2016)

Francey T, Hartmann K, Huggonnard M et coll., 2015 BSAVA European consensus statement on leptospirosis in dogs and cats [en ligne], Journal of Small Animal Practice 2015; 56, 159-179. Disponible sur : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jsap.12328/epdf (consulté le 23/07/2016)

Bouzouraa T, Hugonnard M, Suspecter une leptospirose chez le chien, Le Point Vétérinaire 2015, 358, 22-26.