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Présentation de la vaccination

Mis à jour en juillet 2016

 

La notion d'immunité [1]

La notion de vaccination est intimement liée à celle d’immunité qui peut se définir de manière simplifiée, comme l’ensemble des mécanismes biologiques permettant à un organisme de se défendre contre les éléments qui lui sont étrangers, notamment les agents infectieux (virus, bactéries, parasites).

On distingue classiquement deux types d’immunité :

  • L’immunité passive qui est transférée d’un individu immun à un individu non-immun, généralement par l’intermédiaire d’anticorps (Acs) :
    • transfert d’anticorps par la mère à ses produits via le placenta et/ou le colostrum (1eres sécrétions du tissu mammaire après la mise-bas, riches en anticorps) ;
    • injection de sérum immun.
  • L’immunité active qui est induite chez l’individu par le contact de son système système immunitaire avec un antigène :
    • lors de contact « naturel » comme lors d’une infection naturelle ;
    • lors d’un contact induit : c'est le principe de la vaccination.

Cette immunité active peut être :

  • à médiation humorale : elle est alors dépendante du taux d’Acs présent dans l’organisme ;
  • et/ou à médiation cellulaire : il n’y a alors pas d’implication des Acs.

Intérêt de la vaccination [1]

L'objectif de la vaccination est de permettre à l’organisme de développer une immunité acquise, spécifique face à un agent déterminé, afin :

  • Dans l’idéal d’empêcher l’infection
  • A défaut de pouvoir empêcher l’infection,
    • d’en diminuer l’expression clinique  (intensité et gravité des symptômes, nécessité d’un traitement médical)

    • et/ou de diminuer la multiplication et l’excrétion de l’agent pathogène afin de limiter les risques de contagiosité

Les différents types de vaccins  [1]

Plusieurs types de vaccins existent en médecine vétérinaire.

Les vaccins à agents inertes

Les agents contenus dans les vaccins inertes sont incapables de se multiplier chez l’hôte. Ces vaccins ne présentent donc aucun risque d’induire la maladie causée par l’agent infectieux en question (absence de virulence résiduelle), et ils peuvent généralement être utilisés sur les animaux plus sensibles (femelles gestantes, animaux immunodéprimés, très jeunes animaux).

Néanmoins, ils doivent être adjuvés pour que la réponse immunitaire induite soit suffisante.

Parmi les vaccins à agents inertes, on distingue les vaccins à agents inactivés et les vaccins sous-unitaires.

Les vaccins à agents inactivés

Différentes méthodes chimiques ou physiques sont utilisées pour inactiver l’agent infectieux sans en altérer ses propriétés d’immunogénicité (capacité à stimuler une réponse immunitaire).

Les vaccins sous-unitaires

Dans ce type de vaccin, seules certaines parties de l’agent infectieux, en l’occurrence celles qui permette d’induire une réponse immunitaire, sont utilisées.

Les vaccins à agents vivants

Les vaccins à agents vivants induisent une stimulation immunitaire importante, comparable à celle provoquée par une infection naturelle : l’immunité induite est généralement plus durable et plus rapide que celle induite par les vaccins inactivés. Cette caractéristique permet ainsi de s’affranchir de l’ajout d’adjuvants parfois mis en cause dans des réactions vaccinales.

Néanmoins l’inoculation d’organismes vivants qui gardent leur capacité de réplication chez l’hôte peut théoriquement présenter certains risques, notamment le risque d’une virulence résiduelle. Ces risques semblent extrêmement faibles mais par mesure de précaution il est généralement déconseillé d’utiliser ces vaccins chez les femelles gestantes, chez les animaux immunodéprimés et chez les très jeunes animaux.

Les vaccins à agents vivants atténués

Différents procédés d’atténuation permettent d’éliminer ou de diminuer la virulence des agents.

Les vaccins à agents vivants modifiés

Les gènes responsables de la pathogénicité de l’agent sont identifiés et éliminés du code génétique de l’agent en question, qui présentera alors une pathogénicité réduite.

Les vaccins à agents vivants vectorisés

Parmi les gènes de l’agent pathogène contre lequel l’on souhaite vacciner, seuls ceux impliqués dans l’induction de l’immunité sont sélectionnés et introduits dans un organisme vecteur, non pathogène pour le destinataire du vaccin. Ce vecteur, une fois inoculé, jouera le rôle d’usine à « éléments immunogènes ».

 

Les protocoles de vaccination 

La vaccination des animaux de compagnie peut être décomposée en 2 étapes :

  • La première étape est la primovaccination. Elle concerne les animaux non immunisés contre la maladie contre laquelle l’on souhaite vacciner.                                                          
  • Par la suite, l’immunité acquise suite à une primovaccination correctement réalisée doit généralement être régulièrement stimulée pour que la protection de l’animal reste suffisante dans le temps. Cela constitue l’objectif des rappels.

La primovaccination [1] [2] [3]

La primovaccination consiste à vacciner un animal pour une maladie contre laquelle il n'est pas immunisé. Généralement cela concerne les jeunes animaux, mais une primovaccination peut aussi être envisagée sur des animaux plus âgés, lorsque leur statut vaccinal n'est pas connu ou lorsqu'il n'ont pas reçu les rappels vaccinaux dans les délais prévus.

A partir de quel âge vaccine-t-on les chiots et les chatons?

Un âge minimum est souvent requis pour réaliser la première vaccination des jeunes animaux. Chez les chiots et les chatons, l'âge habituellement retenu est de 8 semaines.

En effet, si la mère présente lors de sa gestation des anticorps contre un pathogène donné (suite à une infection naturelle ou à une vaccination), ses petits bénéficieront alors d’une immunité passive : c’est le transfert de l’immunité maternelle.

Une vaccination trop précoce risque alors d’être inefficace car les anticors transmis par la mère empêcheraient alors l’exposition des antigènes du vaccin au système immunitaire du chiot ou du chaton.

Progressivement, le taux d’anticorps maternels décroit chez les chiots ou les chatons, exposant ainsi ces derniers à un risque d’infection s’ils entrent en contact avec le pathogène.

L’âge de la primo-vaccination repose donc sur un compromis : pas trop tôt pour être sûr que le vaccin puisse être efficace, pas trop tard pour éviter que l’animal ne soit exposé trop longtemps à un risque d’infection sans protection. 

La primovaccination nécessite-t-elle plusieurs injections?

Généralement oui, mais en fait cela dépend du vaccin et de l'âge de l'animal.

En effet, quand on vaccine un jeune animal, il est possible que les anticorps qu'il a reçu de sa mère soit encore présents en quantité suffisante dans sn organisme pour empêcher le vaccin d'être efficace. Le fait de renouveler les injections au bout de 2 à 4 semaines permet de multplier les chances que le vaccin soit bien efficace. Récemment de nouvelles recommandations préconisent ainsi de multiplier ces injection jusqu'à ce que l'animal ait atteint ses 4 mois [2].

En revanche il est parfois possible (pour certains vaccins seulement) de ne réaliser plus qu'une seule injection lorsque  si l'animal est suffisamment âgé au moment de sa primovaccination.

Enfin certaine vaccin ne nécessite qu'une seule administration dans le cadre de la primovaccination, comme par exemple pour la rage.

Vous trouverez plus d'informations sur les protocoles de vaccination en vous reportant aux sections la vaccination des chiens et La vaccination des chats.

Le protocole de primovaccination couramment utilisé

Classiquement la première injection a lieu à 8 semaines (parfois plus tôt si le risque de contamiation est important) et la deuxième à 12 semaines d'âge. Néanmoins, de nouvelles recommandations ont été publiées par la WSAVA (association vétérinaire mondiale des animaux de compagnie) et l’ABCD (European Advisory Board On Cat Diseases) à l’attention des vétéinaires et des propriétaires de chien pour assurer une protection efficace des animaux contre les maladies infectieuses tout en réduisant le nombre de vaccins qui leur sont administrés régulièrement.

Il est ainsi préconisé de répéter les injections de primovaccination toutes les 2 à 4 semaines jusqu'à ce que le chiot ou le chaton ait 16 semaines (4 mois) : ainsi un jeune animal vacciné la première fois à 8 semaines devra recevoir au moins 3 injections. Puis un 1er rappel au bout d'un an, voire plus tôt (à partir de 6 mois) doit être réalisé, l'ABCD considérant cette injection comme la dernière de la primovaccination [2] [3].

Les rappels vaccinaux

Des rappels de vaccination annuels jusqu'alors préconisés [1]

Suite à une primovaccination correctement réalisée, de rappels réguliers sont nécessaires pour maintenir une protection optimale de l’animal vis-à-vis des pathogènes en question. D’une manière générale, une visite annuelle pour le renouvellement des vaccins est préconisée. Il est alors souvent réalisé un rappel des vaccins de votre compagnon.

De nouvelles recommandations [2] [3]

De nouvelles recommandations ont été publiées par la WSAVA (association vétérinaire mondiale des animaux de compagnie) et l’ABCD (European Advisory Board On Cat Diseases) à l’attention des vétéinaires et des propriétaires de chien pour assurer une protection efficace des animaux contre les maladies infectieuses tout en réduisant le nombre de vaccins qui leur sont administrés régulièrement.

En regard de ces nouvelles recommandations, votre vétérinaire pourra alors éventuellement vous proposer des rappels de vaccination plus espacés, en fonction du risque de contamination de votre compagnon et des vaccins dont il dispose.

Dans tous les cas, il reste essentiel de garder en mémoire que votre vétérinaire ne peut pas garantir l’efficacité d’un vaccin lorsque l’administration de celui-ci ne respecte pas les préconisations du laboratoire.

Une vaccination au cas par cas à envisager [2] [4]

L'association WSAVA recommande par ailleurs l'utilisation de tests sanguins permettant d'apprécier la protection immunitaire de l'animal vis-à-vis de certaines maladies, afin d'adapter de manière optimale les protocoles de vaccination : allègement ou parfois renouvellement des vaccins chez un animal dont le système immunitaire répond moins bien.

Ainsi, la consultation annuelle vaccinale pourra-t-elle progressivement s'orienter vers un bilan annuel de santé, prenant en compte le niveau de protection vaccinal acquis par l'animal et ne vaccinant qu'en cas de nécessité.

Les effets indésirables de la vaccination  [1] [5]

Une défiance vis-à-vis de la vaccination tend à se développer. En effet, de nombreuses allégations, pas toujours fiables, rapportent des effets indésirables plus ou moins graves, et/ou une inefficacité des vaccins. L’objectif de cet article qui reste informatif est de temporiser le risque des effets secondaires de la vaccination, chaque propriétaire étant libre de choisir de faire vacciner son animal ou non.

Une étude menée au Royaume Uni entre 1995 et 1999 révèle que le nombre réactions indésirables suspectées d’être en lien avec la vaccination reste relativement faible (l’ensemble de l’étude est disponible sur : http://www.modernveterinarytherapeutics.com/vpc-feline%20and%20canine%20vaccination.pdf).

Quelques exemples d’effets indésirables rapportés pour 10 000 vaccins vendus sur la période 1995-1999 :

  • un manque d’efficacité : incidence de 0,016 chez les chats (soit mois de 2 cas rapportés pour 1 million de vaccin vendu), et de 0,027 chez les chiens ;
  • une réaction anaphylactique : incidence de 0,026 chez le chat et de 0,018 chez le chien ;
  • l’apparition d’un fibrosarcome : incidence de 0,021 chez le chat.

Il apparait donc que le risque d’apparition d’effets secondaires suite à la vaccination est très faible, et que cela ne justifie pas justifier l’arrêt de la vaccination en regard des bénéfices apportés par celle-ci. Pour autant cette étude confirme néanmoins l’existence de tels effets indésirables, qui bien qu’exceptionnels doivent être pris en compte.

 

Références bibliographiques

 

[1] Lepêtre C., 2009, La vaccination des carnivores domestiques en 2008 [en ligne]. Thèse de doctorat vétérinaire, Créteil, Faculté de médecine de Créteil, 82p. Disponible sur : http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=906 (consulté le 11/02/2016)

[2] WSAVA Vaccination Guidelines Group, 2015, 2015 vaccination guidelines for the owners end breeders of dogs and cats [en ligne]. Disponible sur : http://www.wsava.org/guidelines/vaccination-guidelines (consulté le 11/02/2016)

[3] European Advisory Board On Cat Diseases, Matrix vaccination guidelines : 2015 ABCD recommandations for indoor-outdoor cats, rescue shelter cats and breeding catteries [en ligne]. J. Feline Med. Surg, 2015 Jul; 17(7); 583-7. Disponible sur : www.abcdcatsvets.org/matrix-2/ (consulté le 23/07/2016)

[4] Séguéla J., 2014, Vaccination, Surveiller l’immunisation des animaux, L’essentiel n°325, 39p, 12-13

[5] Veterinary Products Committee (VPC) Working Group on Canine and Feline Vaccination, 2001. Final report to the VPC on Feline and Canine vaccination [en ligne]. DEFRA. Disponible sur : http://www.modernveterinarytherapeutics.com/vpc-feline%20and%20canine%20vaccination.pdf (consulté le 23/07/2016)